Soyez … vous-même

Au gré des blogs et des magazines, je tombe souvent sur le concept de leadership. On propose souvent des exercices, souvent de mobilisation, pour faire en sorte que le cheval nous considère comme un leader. Cependant, on parle relativement rarement de l’état d’esprit dans lequel doit être la cavalier, ou alors de manière très succincte.

Je pense que si on fait un exercice dans le but unique de « renforcer sa relation » ou « devenir le leader », il est voué à l’échec. Si je vais passer une soirée au cinéma avec un ami, certes cela renforce notre relation. Mais si durant toute la durée du film il n’est focalisé que sur le fait de confirmer notre amitié, et pas sur le fait de plaisanter ou profiter lui même du film, il y a de grandes chances pour que notre sortie devienne carrément gênante et désagréable. Je vois les choses de la même manière avec mon cheval. La relation positive et cohérente viendra si je fais avec lui des choses qui ont un sens pour moi, qui me plaisent, bref … qui sont naturelles ! Bien sûr, en tenant compte de son humeur du moment, de ses capacités, de ses limites … Comme avec un ami en fait.

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A force de nous poser des questions, nous faisons peser une pression sur nos épaules et celles de nos chevaux. Relâcher cette pression, c’est le premier pas vers une cohérence commune.

 

Pour moi, c’est la première fondation d’une relation juste et, quelque part, du leadership : être naturel et cohérent dans ce que l’on fait. Si je dis « il faut que mon cheval connaisse le jeu du porc épic sur le bout des doigts pour qu’il me considère comme son leader » et « mon cheval pèse 500kg, il vaut mieux que je lui enseigne à s’écarter de moi sur une indication légère », il y a une différence.  L’exercice est le même, l’idée derrière ne l’est pas. En premier, on a une vision très biaisée de ce qu’est le fonctionnement mental du cheval, avec une focalisation à tout prix sur la relation. En deuxième on a un raisonnement logique pour poser les fondations d’une collaboration sans heurt.

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CO-HE-RENCE

 

Nous, cavaliers, devons prendre l’habitude non pas de tenter d’être le leader de NOTRE cheval à tout prix, mais d’incarner une posture rassurante et cohérente de manière plus générale. Je trouve que la vague des chuchoteurs a vraiment fait un bon boulot en encourageant les cavaliers à être plus sécurisants pour leur cheval, mais la mise en avant de ces méthodes vers le grand public a engendré des dérives. Comme par exemple les cavaliers obsédés par le fait d’être « leaders », usant et abusant d’exercices à tout va, oubliant que le leadership est une manière d’être, pas une manière de faire. Alors, oui, ces exercices peuvent vous aider dans le sens où ils vous mettront dans une posture de leader et vous aideront à vous familiariser à ce rôle si ce n’est pas votre caractère naturel. Mais 1- l’exercice est moins fait pour votre cheval que pour vous et 2- cela ne suffit pas à faire de vous un individu fiable aux yeux de votre équidé.
En fait, le leadership dont on parle, c’est un travail sur vous, de tous les jours, dans toutes les situations, dans la mise en difficulté. C’est l’assurance qui découle de l’expérience. Ce n’est pas une palette d’exercices, ce n’est pas une série de diplômes, c’est vous et ce que vous incarnez.

 

 

 

 

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Ne continuez jamais dans une voie qui n’a pas de sens à vos yeux.

 

Le cavalier se doit d’être cohérent, de faire les exercices pour clarifier la relation et rendre les choses limpides pour son cheval, et pas de jauger sa relation à son cheval à chaque minute passée avec lui. Tenter d’adopter une posture qui n’est pas la votre seulement face à votre cheval sera vain, car il sera évident pour lui que vous n’êtes pas en cohérence avec vos réactions. On le dit assez souvent, les chevaux sont des éponges. Pour avoir déjà tenté (comme vous tous), à chaque fois que je n’ai pas assumé mes émotions face à un cheval, à chaque fois que j’ai voulu montrer quelque chose que je ne ressentais pas au fond de moi, je me suis pris une claque.
Pour être un pilier pour son cheval, être le meilleur n’a aucun intérêt; le jeu, c’est être le plus juste possible. Et d’accepter que, malgré tous vos efforts, vous n’êtes pas un cheval et que vous seul ne saurez combler les besoins sociaux, de votre cheval. Vous ne pouvez pas être le centre de sa vie, respectez-le.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Je suis peut-être sur la mauvaise voie, mais je me rends bien compte que sans faire tous les exercices « éthologiques », mes chevaux me respectent, apprécient ma compagnie & s’ils n’en veulent pas .. ben je les laisse tranquille je vais pas les pourchasser pour qu’ils se laissent grattouiller.. Je suis complètement d’accord avec toi Blondie !

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