Séances fractionnées

Récemment, j’ai décidé de tester le travail fractionné lors de mes séances avec Rio. J’ai découvert le concept grâce à Réflexions Equestres, dans son article sur le travail fractionné. En lisant l’article, je me suis un peu auto-giflée de ne pas y avoir pensé moi-même pour dire vrai.
Le travail fractionné consiste à diviser ses séances en plusieurs parties, en ne restant sur le dos du cheval que de relativement courts laps de temps (entre 10 et 15mn), entre lesquels le cavalier descend de cheval, dessangle et fait marcher sa monture 5 minutes.

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Prendre de temps de remercier

 

Il a de multiples avantages, notamment pour les muscles dorsaux. Je trouve assez peu d’infos à ce sujet mais j’imagine aisément qu’un poids de 50/80kg, même très bien réparti, sur le dos pendant une heure crée des inconforts au niveau des muscles dorsaux et une moins bonne circulation dans ces derniers (un peu comme lorsqu’on porte quelqu’un sur ses genoux … rapidement, on se met à avoir ses fourmis dans les jambes !). Le fait de descendre régulièrement et de remettre le cheval en mouvement sans poids sur le dos permet de rétablir la circulation.

Au niveau psychologique, c’est aussi très différent. Le fractionnement permet au cheval de se poser, il ne redoute plus une heure non-stop de travail ; le travail fractionné rappelle au cavalier de faire des pauses, qui seront encore plus bénéfiques qu’une pause à l’arrêt avec un cavalier sur le dos.

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Plus de pauses à cheval pour nous ! Je prends maintenant l’habitude de descendre, dessangler et marcher depuis quelques séances.

 

Personnellement, ça m’a permis d’être plus carrée dans le travail, et de prendre le temps de réfléchir entre chaque session. J’ai également profité de mes moments au sol pour m’étirer brièvement, afin de garder du liant à cheval, et pour continuer à l’épaule le travail que j’effectuais monté. Par exemple, je travaillais tout à l’heure à améliorer l’amplitude du mouvement des épaules de Rio, en utilisant certains exercices de deux-pistes. Du coup, une fois à pied, j’ai continué à travailler cette problématique, mais à l’épaule ; ça m’a permis de voir le mouvement de manière très claire, et de voir quel pli et quel angle lui permettaient d’avoir le plus d’amplitude.

Rio, lui, est du coup plus énergique lors du travail monté ; c’est un cheval qui manque de force et se fatigue un peu vite, le fait de fractionner lui permet de ne pas se décourager. Et lorsqu’il chauffe un peu, cela me permet de faire redescendre la pression tout en restant dans le travail.

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L’optique est en fait très différente, je me suis trouvée beaucoup plus dans une idée de recherche, en prenant le temps de m’arrêter et de réfléchir, de m’étirer, de créer de nouvelles façons d’envisager les choses. Parfois, c’est un peu difficile de descendre alors qu’on aimerait continuer, parce que ça se passe bien. Mais justement, se pousser à descendre quand même, à être moins gourmand, ça garde intacte l’envie qu’a le cheval de coopérer.

Je vais continuer à utiliser cette technique durant mes séances et verrais les évolutions au fur et à mesure. Pour l’instant, je pense pouvoir en tirer beaucoup de bénéfices (et Rio aussi !)

11 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Laurent dit :

    Merci beaucoup. Essayer le travail fractionné c’est l’adopter. Il n’y a que des avantages. J’ai écrit d’autres articles sur le sujet dont :
    http://reflexionsequestres.unblog.fr/2015/03/07/le-poids-du-cavalier/
    http://reflexionsequestres.unblog.fr/2015/10/02/une-seance-de-travail/

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  2. dansmesbottes dit :

    Article très intéressant, je file de ce pas lire l’article de réflexions équestres, merci beaucoup !

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    1. colinegvd dit :

      Le blog aborde des sujets très intéressants, je vous le recommande !

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  3. Osteonimaux dit :

    Bon article. Il est clair que les animaux assimilent mieux les exercices sur de courte periode entre 10 et 20 min. Le fractionner est donc une bonne idée. Je préfère travailler les bases de la seance a pied avant et le re-faire monté après. Et puis une heures de travail monté, je trouve que c’est trop pour un cheval. Je préfère les séances de 30 minutes monté maxi, le cheval se donne généralement mieux sur une courte période. Mais desendre du cheval pendant la séance rester peu fréquent.
    Descendre et remonter sur le cheval, même avec un montoire crée des tensions plus importante sur le dos que de rester immobile dessus. N’est il pas mieux de rester sage sur lui ou en équilibre plutôt que d’infliger plusieurs monter et descente ? Notamment chez une personne corpulente ? N’est il pas mieux de travailler avant a pied pour limiter l’engourdissement du dos ? N’est il pas mieux de faire l’echauffement en longe puis travailler seulement 20 à 30 minutes dessus ?
    Votre point de vue est interessant mais j’hésite encore sur le fait de monter plusieurs fois dans l’heure.

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    1. colinegvd dit :

      Je dirais que tout est possible, mais avec une bonne utilisation du montoir (sans utiliser l’étrier, d’un montoir bien haut), on ne tire pas sur le dos, et je pense que les dommages sont moindres qu’une pression constante à l’arrêt sur les dorsaux … Le but en fait est d’éviter de rester sur le cheval plus de 20 minutes, même avec un échauffement à pied ça peut parfois faire court sur une séance – même si on est d’accord, ça dépend des séances. Parce que même immobile, même en équilibre sur les étriers, le poids est bel et bien présent.
      Pour l’instant, je vois plus d’avantages à prendre le temps de descendre, puis remonter, en soignant bien le montoir afin de ne pas tirer, plutôt que rester passif. Mais je comprends vos interrogations !

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  4. Chouette, un retours à ce sujet! J’avais lu le même article que toi, j’ai eu l’occasion de le faire une fois, et ça m’a bien plu! Comme tu dis : ça pause, le cheval est plus frais quand on remonte, garde sa motivation… Non c’est vraiment intéressant, je vais également continué à creuser dans ce sens-là 🙂

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  5. crottinsco dit :

    Super cet article !
    Je ne connaissais pas du tout le « travail fractionné » mais en fait je l’applique déjà en partie. Je fais généralement de courtes séances à cheval mais je n’avais jamais pensé à consolidé le travail effectué à pied avant de mettre un terme au travail.
    Merci pour la réflexion 🙂

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  6. MJ dit :

    Super article! Effectivement je n’y avait jamais pensé et j’en avais jamais entendu parler… J’avais lu un jour (me souviens plus ou hum) que d’échauffer le cheval avec le poids du cavalier (les premières minutes de pas) était aberrant. En gros c’était aberrant de faire supporter le poids du cavalier à froid pendant par exemple 10 min de pas… (dommage je ne retrouve plus ou j’avais lu ça) du coup maintenant, je marche enormement dans la carrière à coté de lui avant de monter (en plus ça m’échauffe au passage) 🙂
    Du coup je trouve ça super intéressant le fait de continuer de travaillé à coté, j’y avais déjà songé et je compte le faire quand j’apprendrais à mon gros tout ce qui est déplacer latéraux par exemple ^^ (Je pense que c’est plus facile d’assimuler l’aide monté, si en plus on lui montre depuis le sol, l’action désirée de sa part)

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    1. colinegvd dit :

      Oui, d’autant plus qu’il y a plein de choses à faire pour échauffer avant de monter : de la longe, une petite sortie à pied, de la liberté, du travail à l’épaule … ça permet de véritablement varier le travail.

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