Le psoas

Si le cavalier a pour devoir d’enseigner a son cheval à le porter sans se blesser, il doit également apprendre à monter à cheval sans s’abîmer lui-même. En effet, à l’instar de sa monture, l’humain n’est pas construit physiquement pour monter à cheval et doit donc se livrer à quelques exercices afin de construire puis d’entretenir sa musculature, sa tonicité et sa souplesse.

Je suis en plein dedans en ce moment, et ça ne me fait pas de mal car c’est un pan de l’équitation que j’ai beaucoup trop négligé, et à mon avis je suis loin d’être la seule. Je conscientise maintenant (je le sais depuis un moment, mais de là à véritablement changer ma conduite, c’est autre chose) que le premier pas pour faire en sorte que mon cheval soit bien dans son corps, c’est que je sois bien dans le mien, et de m’accorder du temps pour me sentir mieux. Vaste programme.

Ce qui m’a fait prendre conscience de tout ça, c’est une belle lombalgie et une double sciatique qui me sont tombées dessus cet été. On a pensé à une hernie discale, hors que nenni, je me créais simplement des inflammations toute seule avec les muscles surcontractés. Direction le kiné, puis une fois le gros de l’inflammation passé, chez Gina afin de tout reprendre sur de bonnes bases. Tout le monde est tombé d’accord : je dois manger des étirements. J’ai donc décidé, en plusieurs articles, de partager mes connaissances et découvertes à ce sujet avec vous.

Commençons gaiement, avec le psoas-iliaque. J’ai appris qu’un psoas raccourci ou tendu était l’une des causes basiques d’un dos trop cambré (tiens, comme par hasard, je présente une jolie lordose !). En effet, il relie les lombaires à la cuisse en passant sous les abdominaux ; s’il est surtendu, il tire les lombaires vers l’avant et vers le bas, et force la cambrure.

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Une fois à cheval, un psoas raccourci empêche d’avoir une descente de jambe correcte ; le cavalier aura du mal à garder un bon alignement bassin-talons. Le problème de la cambrure va en fait se poser de la même manière qu’à pied : en tentant de reculer la jambe, le cavalier va se retrouver en position cambrée. Il risque donc de s’abîmer le dos et va avoir beaucoup de mal à accompagner les mouvements de son cheval, le bassin étant bloqué en antéversion. La jambe isolée aura du mal à agir avec à propos et le cavalier se retrouvera souvent à agir en remontant la cuisse et en s’aidant de son talon.

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On voit bien ici comment un psoas raccourci (fig. 2) entraîne les lombaires dans la lordose. Crédit image : rxguide.nl

Afin de retrouver une mobilité correcte, il convient donc, bien sûr, de pratiquer des étirements réguliers, mais aussi d’adapter une alimentation saine. Le psoas-iliaque est gentiment considéré comme un « muscle-poubelle » qui peut très facilement être engorgé de toxines, à cause de sa proximité avec pas mal d’organes et d’émonctoires. Il a également tendance à poser problème chez les personnes anxieuses ; il est en effet interconnecté avec le fascia du rein, qui est vu par les thérapeutes holistiques comme l’organe de la peur.

Crédit image : Samtosha (plus de liens et références en bas de page)

Ci dessus, deux postures qui permettent d’étirer le psoas. Plus simplement, on peut également s’étirer debout, en ramenant le talon contre la fesse (ou proche) et en le maintenant avec la main ; en exerçant une poussée du genou vers le sol, on sent immédiatement le psoas qui tire. J’aime bien également, suite aux conseils de Gina Pitti, faire le même exercice à cheval. Dans tous les étirements, il faut bien garder le bassin droit en utilisant les abdominaux transverses.


Liens et bibliographie : 

samtosha.eklablog.com, blog Yoga
entraintement-sportif.com : le psoas-iliaque ou ilio-psoas
www.rxguide.nl (utilisation de l’image uniquement)

Le psoas du cheval, par osteonimaux

Yoga et équitation, Diane-Louise Lassonde, éditions Belin
L’équitation centrée, Sally Swift, édition Belin

15 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. phil dit :

    Petit article très intéressant, mais je rajouterais que le déficit d’extensibilité (la raideur) du quadriceps est tout aussi fréquente, et basique des problèmes de dos. Ces 2 muscles sont liés par ce qu’on appelle un système de « chaîne musculaire », et la raideur de l’un ne va jamais sans la raideur de l’autre. Lorsqu’on veut donc gagner en souplesse sur l’un, il ne faut pas négliger l’autre.

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    1. colinegvd dit :

      Merci phil pour la précision ! J’ai opté pour une présentation « focus » sur un muscle pour plus de clarté, mais il faudrait en effet que je prenne le temps d’ajouter un petit paragraphe rappelant que tous les muscles sont interconnectés et qu’il faut envisager les étirements de manière globale.

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  2. Campagne dit :

    Cela pourrait être intéressant mais malheureusement l’anatomie et donc la biomecanique du psoas que vous décrivez sont fausses … il s’agit d’un muscle fléchisseur lombaire , et non lordosant comme vous avez pu le trouver sur votre article internet . Les douleurs lombaires , on le sait depuis quelques années maintenant mais cela a du mal à rentrer dans les esprits, ne sont pas dues à la lordose , qui est physiologique, mais plutôt pour faire simple à un dysharmonie de courbures entraînant des contraintes excessives sur un ou plusieurs étages en particulier . Ceci dit c’est chouette de s’intéresser à l’ergonomie des cavaliers 😉

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    1. colinegvd dit :

      Merci pour votre commentaire.
      J’aimerais beaucoup avoir de plus amples explications sur ce que vous apportez (ou, encore mieux, des sources et liens que je pourrais consulter pour mieux comprendre), afin de pouvoir corriger les possibles erreurs dans l’article.

      Je tiens tout de même à préciser que, si mes images ont été trouvées sur internet, je ne me suis pas appuyée sur des blogs inconnus pour écrire l’article, mais sur les explications de professionnels, dont deux kinésithérapeutes que j’ai consultées entre autres. Je n’écris en effet jamais d’article en m’appuyant sur des sources non fiables.

      Je ne dis pas vraiment dans l’article que mes douleurs lombaires sont dûes à ma lordose (avec qui j’avais très bien cohabité jusqu’à maintenant), mais que mes douleurs viennent bien de mes raideurs musculaires (et bien sûr, pas que du psoas, je me suis focalisée dessus uniquement pour cet article) qui créaient des inflammations et une compression des nerfs sciatiques.

      Je serais heureuse d’avoir plus de détails et de savoir exactement à quel moment les informations de l’article sont erronnées. Merci !

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      1. colinegvd dit :

        « il s’agit d’un muscle fléchisseur lombaire , et non lordosant « , si je pouvais également avoir plus d’informations sur cette phrase en particulier également, ça serait top. Car, de mon point de vue, de néophyte certes, des lombaires maintenues en flexion sans possibilité d’extension sont en lordose … non ? Même si la lordose est en effet souvent physiologique … c’est la distinction fléchisseur et lordosant que j’ai du mal à saisir, car un fléchisseur raccourci entraîne une restriction de mobilité, et sera par conséquent, dans ce cas là, lordosant.

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  3. Osteonimaux dit :

    Bonjour,
    Le psoas, je suis en train d’écrire le même article mais pour les chevaux 😉 Un psoas bloqué chez le cheval est c’est la casa notamment en cas de lombalgies chronique mais également en cas de dysfonction ilio-sacré.
    Certe chez nous humain il est necessaire à la bonne mobilisation bassin / lombaires.
    Mais le psoas est surtous un diaphragme respiratoire, si il est bloqué notre « harmonie » est déséquilibré. Ce muscle permet une meilleur respiration ventral 🙂

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    1. colinegvd dit :

      Alors ça, ça m’intéresse ! J’aurais aimé faire le parallèle dans l’article, mais je ne voulais pas me lancer dans un sujet que je ne maîtrisais pas totalement … N’hésitez pas à partager l’article avec moi lorsqu’il sera sorti, je l’ajouterais aux liens à consulter !

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      1. Osteonimaux dit :

        Bonjour,
        voici mon article sur le psoas su cheval, je vous invite à le lire :
        https://osteonimaux.blogspot.fr/2016/11/le-psoas.html
        Vous remarquerez les similitudes avec l’humains 😉

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  4. Dire que quand on est gamins (du moins pour ma part) on a bouffé des étirements à chaque début de séance à cheval .. & plus on progresse, moins on en fait jusqu’à plus du tout !

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    1. colinegvd dit :

      Pour ta part ma Moulinette, parce que moi, ma mono m’a jamais fait faire d’étirements :p

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  5. feuliane dit :

    Très bon article; je comprends d’où viennent certaines douleurs. S’étirer je n’y pense jamais, et j’avoue ne pas trop prêter attention à mes douleurs et tensions… Hâte de lire le prochain article sur le sujet.

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  6. Marie Tardieu dit :

    C est très intéressant votre article mais j ajouterai comme solution et pas des moindre une selle adaptée. Je suis également tres cambree et monye des chevaux toute la journée. …je souffrais donc de cette fameuse barre dans le bas du dos. En fait ma selle de dressage etait bien trop contraigante dans les jambes.les taquets me les renvoyait vers l arrière et mettait mon bassin en retroversion. Depuis que j ai changé mes jambes sont plus libres et mon genou vers l avant et non bloqué et bien je revis! Et suis plus efficace dans mes actions de jambes!

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    1. colinegvd dit :

      Oui, je n’en ai pas parlé, mais c’est évident ! Une selle trop contraignante peut vite se transformer en engin de torture ! Pour ma part, je suis une adepte des selle de dressage ayant un siège peu creux et des taquets très discrets (voire inexistants pour la mienne !)

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  7. Allier dit :

    Bonsoir et merci pour cette lecture.
    J’aimerai juste revenir sur l’étirement du psoas en position debout que vous décrivez. Comme certains l’ont dit dans les commentaires, il ne faut pas oublier les rétractions du quadriceps et plus précisément d’un de ses faisceaux, le droit fémoral qui est poly articulaire (articulation de la hanche et du genou), donc il y a des chances que quand vous faites un étirement debout avec le genou plié, pour faire un talon-fesse, vous étiriez le droit fémoral. Par contre les 2 schémas me semblent pas mal du tout.
    Pour finir, un psoas rétracté est hyper-lordosant, il amplifie la lordose lombaire qui a la base est la courbure physiologique de cette partie du rachis.

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    1. colinegvd dit :

      Merci pour vos éclaircissements !

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