Choisir son enseignant

Qui dit équitation dit technique, et qui dit technique dit apprentissage. Le cavalier a aujourd’hui l’embarras du choix dans sa recherche d’enseignants. Moniteur ou instructeur, indépendant ou non, partisan de telle ou telle méthode … Il est souvent difficile de s’y retrouver.

Le choix d’un enseignant est très personnel ; ainsi, s’inscrire à des cours juste pour faire comme la voisine de box peut se révéler négatif. L’enseignant vous suivra régulièrement, verra vos points forts mais aussi vos points faibles, et surtout aura un impact direct sur le travail de votre monture : mieux vaut ne pas choisir quelqu’un avec qui le feeling ne passe pas !

 

S’accorder du temps de réflexion

C’est perdre du temps pour en gagner. Mieux vaut prendre quelques semaines pour se faire une idée, mais être sûr de son choix, que de naviguer d’un moniteur à un autre pendant des mois. Commencez par contacter les personnes qui vous intéressent à première vue et expliquez leur votre recherche. Quelqu’un qui prendra le temps de répondre à toute vos questions montre déjà une certaine implication.

N’hésitez pas à demander à visiter ses écuries (s’il en a) ou bien à le voir travailler avec ses propres chevaux. L’ambiance générale et la relation qu’il a nouée avec ses équidés seront un bon indicateur : ses chevaux sont-ils calmes ? agressifs ? sont-ils manifestement heureux de le voir ? difficiles à manipuler ?

De la même manière, n’hésitez pas à vous intéresser à son passé et à ses formations. Ça ne fait certes pas tout, mais si la personne vous répond qu’elle a seulement “fait un stage La Cense et qu’elle a débourré son cheval seule”, vous saurez à quoi vous attendre. Enseigner demande tout de même un minimum d’expérience et de pédagogie.

Certains auront d’ailleurs des choses surprenantes à vous apprendre. Par exemple, mon instructrice à Valence était trapéziste professionnelle avant de se tourner vers l’enseignement de l’équitation. Cela a beaucoup influencé sa monte et sa pédagogie, axant une grosse partie de son travail sur la posture du cavalier. Si vous osez poser les questions, un bon enseignant n’aura pas de problème pour vous répondre et vous donner les informations que vous recherchez.

Bien entendu, n’hésitez pas à aller voir les cours qu’il dispense à ses élèves. Un enseignant qui n’a rien a cacher ne devrait pas vous refuser l’accès à ses cours, mis à part si son élève l’a demandé. Demandez vous si c’est le type de personne avec qui vous souhaitez travailler. Prend-il en compte les spécificités du couple qu’il fait travailler ? Est-il patient ? Vous semble-t-il cohérent ?

En règle générale, méfiez vous des enseignants qui n’accèdent pas à ce type de demandes ; une personne honnête et investie devrait même théoriquement vous proposer de venir l’observer.

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Comment se passe le travail des chevaux de votre enseignant ? Ici Azur (5 ans) détendu et attentif, en cours de débourrage par Gina Pitti

Ne pas céder à la facilité

On voit aujourd’hui fleurir dans tous les coins des sites professionnels toujours parfaitement à jour, blindés de photographies qui font rêver. Ce n’est pas problématique en soi, mais attention : l’effet pub est fourbe. Il est très tentant de se lancer tête baissée, mais pensez à prendre du recul. Il y a beaucoup d’imposteurs et d’incompétents. Cela ne voulant évidemment pas dire que vous devez fuir comme la peste les détenteurs de jolis sites professionnels (on peut à la fois bien monter à cheval et aimer un design esthétique, si !). Généralement, l’onglet “formations” ou “à propos” est un bon début pour vérifier les compétences de la personne ; s’il est inexistant, il y a de grandes chances que les formations passées soient … inexistantes !

De même, les personnalités les plus renommées au niveau local ne sont pas toujours les meilleures. Beaucoup de professeurs reconnus et admirés par leurs élèves ont des méthodes peu avouables. N’hésitez donc pas à creuser un peu avant d’arrêter votre recherche ; certains enseignants moins évidents à trouver sont de vraies mines d’or.

Il vaut souvent mieux un enseignant ayant un petit groupe de bons élèves, qui lui sont fidèles, qu’un collectionneur de clients qui fait parler de lui.

L’enseignement et la pratique de l’équitation sont très personnels. Si vous souhaitez absolument travailler selon une méthode et trouver un de ses instructeur diplômé, gardez en tête que la personne compte souvent plus que la méthode. J’ai vu des cavaliers appliquer les mêmes principes généraux et obtenir des résultats complètement différents.

Cours individuel ou collectif ?

Le cours collectif a l’avantage immédiat d’être plus économique. Il est en revanche peu adapté si l’on recherche vraiment à s’améliorer. En effet, le professeur n’étant pas un cyborg, sa faculté de concentration (tout comme son champs de vision !) reste limitée malgré son entraînement. Il ne pourra vous accorder qu’une attention limitée s’il doit gérer 6 élèves à la fois.

Je suis personnellement partisane des cours individuels ou à deux. Ils sont certes plus chers, mais permettent un cours réellement ciblé et une véritable avancée. Je préfère payer un cours 40euros et voir une vraie évolution en fin de séance que payer trois cours à 15euros et me retrouver au point de départ. Quitte à prendre des cours moins souvent si le porte-monnaie est un peu plat.

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Mes premières sensations de piaffer avec Espoir du Gas, parfait cheval d’école

La problématique du monitorat

Malheureusement, un moniteur qui n’a pas poussé sa recherche plus loin après son obtention du monitorat a peu de chances d’être un enseignant de très bonne qualité. En effet, le BPJEPS est très peu exigeant en matière de techniques et de connaissances équestres. L’enseignement fédéral est également, et c’est à déplorer, basé sur des dogmes contre nature et contredis par la science.

De la même manière, dans les clubs bon marché, l’élève ne peut s’attendre à une formation excellente. Le calcul est rapide : en payant 15euros l’heure de cours, en se rappelant tout ce que la structure doit payer (installations, nourriture, cavalerie, matériel, main d’oeuvre …), il est évident que les économies seront faites ailleurs. Il faudra donc être préparé à y trouver une cavalerie en plus ou moins bonne santé et plus ou moins bien dressée, du matériel peu adapté et du personnel moins compétents.
Toujours, dans votre recherche : écoutez-vous. Si vous ne sentez pas une personne, n’hésitez pas à vous en écarter, même si les gens autour de vous en disent du bien. N’ayez pas peur de sortir des sentiers battus. Vous saurez lorsque vous aurez trouvé la personne qui vous convient.

Être élève

L’enseignant ne peut pas tout dans votre formation : vous en restez le principal protagoniste. Ainsi, lorsque vous vous heurtez à des problèmes, réfléchissez à votre attitude avant d’incriminer professeur ou monture.

Être élève, ce n’est pas se laisser porter par son enseignant ; c’est être motivé et continuer à faire avancer ses recherches personnelles. C’est aussi faire face à ses propres problématiques, qu’elles soient physiques ou psychiques. Être élève signifie faire un travail sur soi et une faire preuve constance dans la pratique. Ce n’est pas toujours facile.

Ne négligez pas non plus l’aspect théorique. Assister aux cours dispensés à d’autres élèves, lire, s’informer sur des sujets parallèles, poser des questions … sont autant de manières d’améliorer sa compréhension du cheval, et parfois de débloquer des problèmes montés.

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Être élève, c’est aussi savoir se poser et réfléchir

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Galopine dit :

    Pas évident en effet de trouver un bon professeur… Je rejoint ce que tu dis sur les formations de l’enseignant… J’apprécie quand elles sont éclectique. Un prof qui a quelques expériences en équitation américaine par exemple, j’aime bien, ça démontre une ouverture d’esprit intéressante.
    Concernant ma prof actuelle, outre sa très longue expérience, j’aime le fait qu’elle continue à se former. Et ce avec des formateurs différents, et dans diverses horizon…
    Et puis, les bons cavaliers ne sont pas forcément de bons professeurs. Quelqu’un qui a beaucoup d’instinct aura peut-être plus de mal à expliquer que quelqu’un qui a du beaucoup chercher 🙂

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